Michèle Aumont ose inviter, au début du IIIe millénaire, à pénétrer dans « Pax nostra », cette œuvre de philosophie sociopolitique qu'a publiée en 1936 le jésuite humaniste Gaston Fessard ! Cet ouvrage complète l'autre volume, où Michèle Aumont peint la figure et l'itinéraire de ce témoin ignatien du XXe siècle : « Que l'homme puisse créer ». Ces deux livres présentent ainsi cet humanisme chrétien si rayonnant de Gaston Fessard ; la foi catholique s'y dévoile comme ferment majeur : « Que l'homme puisse créer » témoigne, lui, de l'humanisme capable de surgir d'un être, de surgir d'un engagement, tous les deux enracinés dans la tradition catholique vivante, et tous les deux irrigués par le charisme de saint Ignace.
Qu'apporte « Philosophie sociopolitique de Gaston Fessard : "Pax nostra" » ? C'est un examen de conscience international. Les écrits sociopolitiques prophétiques de Gaston Fessard n'éclairent pas seulement ce qu'allaient être les périodes de la seconde Guerre mondiale (1939-1945) et son « après-guerre ». Au lieu de parler de prophétisme, ne devrait-on pas insister sur l'approfondissement fessardien, un authentique encouragement : alors qu'une conscience malheureuse occasionne vite le découragement, ici une intense existence spirituelle et une vie de prière chrétienne annoncent l'avènement d'un nouveau pas en faveur de l'humanisation. En histoire de la morale politique, surgit un réel enrichissement apporté par Gaston Fessard et par les analyses de Michèle Aumont. La gravité de la quête de justice en politique a besoin d'un retour historien et spirituel à ces sources éprouvées.