Nuits florentines

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Nuits florentines

de Heinrich Heine

Collection Bibliothèque franco-allemande

208 pages - sept. 2001

19,00€

L'œuvre romanesque de Heine, dont la dernière traduction française remonte à 1925, méritait éminemment d'être revisitée par des yeux contemporains. S'y fait jour la singulière modernité d'un génie désinvolte, qui revendique l'« extrait », le « fragment » comme forme romanesque canonique. Trois récits sont présentés ici : « Mémoires de M. de Schnabeléwopski », « Le rabbin de Bacharach », « Nuits florentines ». Réalisme et parodie caractérisent les « Mémoires de M. de Schnabeléwopski » (1833, inédit en français dans sa version intégrale), roman de formation d'un fantasque junker polonais que l'auteur mène dans toute la Hanse, accumulant les digressions pseudo-ethnologiques et d'insolites recours à l'intertextualité : soudain une biographie de peintre hollandais, une ballade danoise ou un chapitre des « Juges » vient rompre la linéarité déjà problématique du récit. Avec les « Nuits florentines » (1836), c'est le modèle du conte qui se trouve parodié dans un registre toutefois plus grave, par instant aussi plus onirique. Modèle de Boccace, auteur culte de Heine, mais aussi des « Mille et une nuits », dont la situation narrative se trouve subtilement inversée : ici, c'est un homme qui raconte pour retarder la mort de sa bien-aimée. Choses vues, aventures douces-amères, variation synesthésiques sur les arts plastiques et la musique... Comme dans « Schnabeléwopski », le récit s'interdit sans cesse de parvenir à son but allégué, et c'est Londres, Paris et Hambourg encore qui occuperont presque toute la scène de ces nuits italiennes. Il est frappant que les motifs obsessionnels des deux premiers récits (mythologies populaires, réminiscences autobiographiques) se retrouvent dans une œuvre aussi éloignée, en apparence, que « Le Rabbin de Bacharach ». Roman avant tout historique, ce texte de jeunesse tardivement achevé en 1840 illustre l'engagement juif de Heine à une époque de recrudescence antisémite en Allemagne. Dans cette saisissante peinture d'un pogrom qui eut lieu à la fin du XVe siècle, l'hommage rendu à une piété orthodoxe n'exclut pourtant pas — Heine restant toujours lui-même — une ravageuse satire morale et sociale par laquelle l'auteur inaugure la tradition féconde des « comédies du ghetto ».
  • Dimensions : 135x215x15
  • ISBN : 9782204067034
  • Poids : 285 grammes

Avec la collaboration de : Diane Meur

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