Solitude et communion (IVe – VIe siècle) Volume I
Sans pouvoir résumer ici la richesse des analyses proposées par le père Molinier, retenons-en l’idée directrice, ou plutôt la certitude qui s’en dégage. Elle mérite toute notre attention, car elle…
Maisons d’édition
0 résultat
Pas de résultats
Départements
0 résultat
Pas de résultats
Collection
0 résultat
Pas de résultats
Livres
0 résultat
Pas de résultats

–
42,90 €
En stock
Sans pouvoir résumer ici la richesse des analyses proposées par le père Molinier, retenons-en l’idée directrice, ou plutôt la certitude qui s’en dégage. Elle mérite toute notre attention, car elle va à l’encontre d’une représentation très répandue de la vie monastique. On a souvent confondu, en effet, la fuga mundi du moine avec un contemptus mundi, un mépris du monde. Dans cette perspective, l’ascèse serait la conséquence d’un rejet de la condition humaine ordinaire : le moine se situerait lui-même au-dessus et à part des autres hommes, en quête d’une sainteté personnelle qui ferait de lui un maître dans le domaine des réalités spirituelles.
L’auteur montre, textes à l’appui, que cette vision est fausse. Le monachisme chrétien ne s’est jamais reconnu dans une conception élitiste, de type messalien, privilégiant l’extase ou d’autres états exceptionnels. En s’enfonçant dans le désert ou en rejoignant un monastère, le moine n’est animé ni par le mépris du monde, ni par le désir d’expériences transcendantes. Il tente seulement de répondre à une inquiétude intérieure forte, qui le rend conscient de sa propre faiblesse et de sa pauvreté. Il sait que c’est ainsi que, personnellement, il sera
sauvé. Il ne se soustrait pas aux misères communes, mais il les assume, à la place qui est la sienne, en les centrant résolument sur le type de vie auquel il a été appelé. Il ne cherche pas à se singulariser, mais à accepter son chemin d’humanité. Sur ce chemin singulier, il est « uni à tous » et surtout à ceux qui, comme lui, font l’expérience de leurs limites.
Car du sein même de son enfermement – dans un tombeau, un habit, un lieu définitif, ou dans le « non-lieu » du désert ou de l’exil –, le moine découvre aussi la possibilité d’une liberté intérieure, d’une plus grande simplicité, d’une communion universelle. Il n’a pas besoin de communiquer avec beaucoup de ses semblables pour les connaître en se reconnaissant en eux. Sa solitude est le lieu paradoxal où il rejoint chacun, visiblement ou invisiblement. Il ne fuit pas le drame de l’existence ordinaire : il y descend, suspendu au fil de la prière. S’il
s’enfonce dans la solitude, ce n’est pas en se séparant radicalement des hommes, mais en les retrouvant par d’autres chemins. Creusant le puits de sa vocation propre, il atteint les eaux d’un lac souterrain, d’un amour sans frontières.
Daniel Vigne
Jean-Luc Molinier est moine bénédictin de l’zbbaye d’En Calcat, originaire d’un village de la vallée de l’Orb dans l’Hérault. Docteur en théologie, il a été professeur de théologie spirituelle à la faculté de théologie de l’Institut catholique de Toulouse et il a enseigné la théologie monastique et l’ecclésiologie dans de nombreux monastères de France et d’Afrique. Il est actuellement Prieur du monastère bénédictin Sainte-Marie de Bouaké en Côte d’Ivoire.
Dimensions : 15 × 23 mm
ISBN : 9782204109802
Poids : 1152 g
Jean-Luc Molinier
Solitude et communion (IVe – VIe siècle) Volume I
Sans pouvoir résumer ici la richesse des analyses proposées par le père Molinier, retenons-en l’idée directrice, ou plutôt la certitude qui s’en dégage. Elle mérite toute notre attention, car elle…
Dans la même catégorie
Daniel De Smet
Du grand califat shi‘ite ismaélien qui régna autour de l’an mil de l’Égypte à la Sicile, nous ignorons l’essentiel, à savoir son étonnante actualité et son importance pour le renouveau…
Corinne Jouanno
Aux marges du roman antique a fleuri une constellation de textes, fictions biographiques, hagiographies romancées ou récits de voyages et d'aventures, qui ont pour commune particularité une forte composante fictionnelle.…
Daniel Sereni, Carole Sereni
Qui fait avancer la médecine : les savants qui prouvent ou les gourous qui séduisent ? Pourquoi certains triomphent-ils de leur vivant avant d’être balayés par l’histoire, quand d’autres, moqués…
Les femmes illustres de l’Antiquité grecque au miroir des modernes (XIVe-XVIe siècle)
Le présent volume constitue les Actes du LXIe colloque international d’Études Humanistes, organisé à Tours du 2 au 5 juillet 2018 au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR). Il…
Henri Rollet
La société actuelle, surtout chez les jeunes est en état de contestation permanente. Nous vivons une réaction nécessaire contre la situation antérieure, réaction bonne en elle-même, parfois excessive, "frénétique" dans…
Larry W. Hurtado
Que le prophète Jésus ait été un maître pour ses disciples, rien de surprenant. Mais qu'il soit devenu, dans un laps de temps très court, objet de foi et de…
Raymond E. Brown, John Paul Meier
C'est à Antioche que les disciples de Jésus reçurent pour la première fois le nom de « chrétiens ». C'est là que Paul défia Pierre en face, tandis que Jacques de Jérusalem…
Bernard Fournier
Par la musique, Beethoven a touché à la transcendance. Ses grandes oeuvres, de la Sonate au Clair de lune à l’Hymne à la joie, de l’Eroica à Fidelio, ont traversé…
Publié en 1995, le livre de François Furet, « Le Passé d'une illusion », consacré à l'idée communiste au XXe siècle, a marqué le premier moment de réévaluation complète de l'expérience communiste,…
Marie Veillon
Médailles des rois de France au XVIe siècle
La médaille royale fut introduite sous François Ier. Conçue comme un présent, elle proposait un portrait du roi au naturel avec son emblème de la salamandre. Sous Henri II et…
Yves Congar
« Disons-le sans ambages : le texte que vous allez lire porte la marque de son époque. En un demi-siècle, la situation de l’Église en France a considérablement changé. […]…