Charrette, chevalier de légende
Chevalier de légende... Un être exceptionnel que rien ne prédisposait à jouer un rôle sur la scène du monde, mais que les circonstances mirent au premier plan de l'actualité ;…
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Aux XIXe et XXe siècles, parmi les attaques de l’athéisme contre la religion figure le reproche d’anesthésier les sentiments de révolte des masses populaires opprimées par les classes dominantes et l’État en prêchant la patience ici-bas et en promettant la récompense dans l’au-delà. Marx, Nietzsche, Freud feront tour à tour le procès de la religion et du bonheur qu’elle prétend promettre, né « de l’anéantissement de la passion et du silence de la volonté ». Aussi bien ils l’accuseront de propager un amour morbide de la souffrance, une éthique fondée sur la culpabilité, « une ivresse d’ascèse morale » par laquelle « on s’imposa toujours de nouveaux renoncements aux pulsions » aboutissant au rabaissement de la valeur de la vie et de l’image du monde réel. Ces attaques visent au premier chef le christianisme. D’où la question : y a-t-il des éléments dans l’enseignement de l’Église, non seulement du magistère, mais de tous les catholiques, qui puissent justifier ou du moins expliquer partiellement la convergence de ces actes d’accusation ? Tous leurs chefs d’accusation portent en effet sur la notion de résignation. Le chrétien serait résigné à subir, à souffrir et finalement à ne pas oser vivre ses passions – ou ses névroses – dans l’espoir d’un salut éternel que son sacrifice contribuerait à lui obtenir. Au milieu du XXe siècle, Teilhard de Chardin prend en compte la critique de Marx : « La résignation chrétienne est sincèrement considérée et blâmée par beaucoup d’honnêtes gens comme un des éléments les plus dangereusement assoupissants de l’ « opium religieux ». Après le dégoût de la Terre, il n’y a pas d’attitude qu’on reproche avec plus de rancune à l’Évangile d’avoir répandue, que la passivité devant le Mal. » Impossible de rejeter en bloc la notion de résignation et de ne pas se demander si on ne l’a pas trop ou mal enseignée et mise en pratique. Dans une étude détaillée et vigoureuse, Jean-François Galinier-Pallerola instruit le dossier et tente de répondre à la question : la résignation se trouve-t-elle au cœur du christianisme, parce que le Christ est le Crucifié qui invite ses disciples à se charger de leur croix pour entrer avec lui dans sa gloire, ou n’est-ce qu’une déviation accidentelle et datée du catholicisme dont on s’est opportunément libéré depuis cinquante ans ?
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In the 19th and 20th centuries, among the attacks atheists made on religion was the accusation that it anesthetized feelings of revolt in the poorer classes, oppressed by the State and the ruling classes, by preaching patience here on earth and promising rewards in heaven. Marx, Nietzsche and Freud, each in his turn, attacked religion and the happiness it promised, born ‘of the destruction of passion and the silence of the will’. Also they accused it of propagating a morbid love of suffering, an ethic founded on guilt, ‘an ecstasy of moral asceticism’ through which ‘people would constantly impose upon themselves new renunciations of their urges’ resulting in the deprecation of the value of life and the image of the real world. These attacks were principally aimed at Christianity. Which begs a question: are there elements in the teaching of the Church – not only of the magisterium, but of all Catholics – which could justify or at least explain in part the unanimity of these accusations? All of them criticize the notion of resignation. The Christian would appear to advocate submission and resignation to suffering and the renunciation of passions – or of neuroses – in the hope of the eternal salvation this sacrifice would help to obtain. In the middle of the 20th century, Teilhard de Chardin acknowledged Marx’s critique: ‘Christian resignation is sincerely considered and blamed by many honest people as being one of the most dangerously soporific elements of the “opium of religion”. After the repulsion of the Earth, there is no other attitude that the Gospels have been more acrimoniously blamed for spreading than passivity in the face of Evil.’ It would be impossible to simply dismiss the notion of resignation, and not to ask ourselves if it has been over or badly taught and put into practice. In this detailed and forceful study, Jean-François Galinier-Pallerola treats the question and tries to respond: is resignation at the heart of Christianity, because the Crucified Christ invites his disciples to take up their crosses and enter into glory with him? Or is this an accidental and outdated deviation of Catholicism which we have opportunely cast off during the last fifty years?
Dimensions : 145 × 235 mm
ISBN : 9782204082853
Poids : 725 g
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