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Christianisme et politique chez Hannah Arendt
Hannah Arendt est un auteur à la mode, largement commentée en France aujourd’hui. Ses analyses sur le totalitarisme, sur la modernité ou sur la banalité du mal l’ont rendue célèbre. Ses rapports controversés au judaïsme et au sionisme sont également bien connus. Mais sait-on qu’elle fit sa thèse sur saint Augustin ? Sait-on qu’elle dressa un portrait étonnant du pape Jean XXIII, qui figure dans un recueil intitulé « Vies politiques », aux côtés de Rosa Luxemburg et de Bertolt Brecht ? Sait-on qu’elle dénonça le silence du pape Pie XII durant la guerre, face au racisme et à l’antisémitisme ? Sait-on enfin que, sans envisager de se convertir, son intérêt pour le christianisme ne s’est jamais démenti ? Certes, Arendt a suivi très jeune, en parallèle à ses études de philosophie, les cours de théologie de Rudolf Bultmann et de Romano Guardini. Sa formation est donc solide. Ses analyses du christianisme surprennent pourtant, par leur acuité, leur finesse, leur audace et leur actualité. En s’appuyant sur l’enseignement de Jésus de Nazareth — qu’elle compare d’ailleurs à Socrate — elle procède à une vive critique des tendances antipolitiques du christianisme, tout en faisant l’éloge de ses « miracles » politiques : le pouvoir de pardonner qu’elle rattache directement à Jésus, le pouvoir de commencer du neuf et la natalité qu’elle relie à saint Augustin. Mais le plus étonnant est encore ailleurs : c’est son concept d’ « amour du monde » qui permet de dévoiler toute la complexité de son rapport au christianisme, livrant un éclairage nouveau sur l’ensemble de son œeuvre. Du souci pour la politique, qui s’impose en 1933, à l’amour du monde, choisi librement en 1955, la pensée d’Arendt ne cesse de s’élargir, dans un dialogue serré avec le christianisme.
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Hannah Arendt is esteemed in France today and her work is widely commented. Her analyses on totalitarianism, modernity or the banality of evil have made her famous. Her controversial relation with Judaism and Zionism are also well-known. But how many people know that the subject of her thesis was Saint Augustine? Or that she sketched an astonishing portrait of Pope John XXIII in Men in dark Times, a collection of writings which also features Rosa Luxemburg and Bertolt Brecht? Is it generally known that she denounced Pope Pius XII’s silence in the face of racism and anti-Semitism during the war? Lastly, how many are aware of her unflagging interest in Christianity, despite the fact that she did not consider conversion? Of course when she was very young, Arendt had followed Rudolf Bultmann’s theology course at the same time as her philosophy studies, so she had a sound background. Her analyses of Christianity are surprising in their sharpness, finesse, boldness and modernity. Drawing on the teaching of Jesus of Nazareth – whom she compares to Socrates – she criticizes the anti-political tendencies of Christianity, while praising its political ‘miracles’: the power to forgive, which she attributes directly to Jesus; the power to begin anew and ‘natality’, which she attributes to Saint Augustine. But the most astonishing thing lies elsewhere: it is her concept of ‘love of the world’ which reveals all the complexity of her rapport with Christianity and casts a new light on all her writings. From the inevitable political concerns of 1933, to a love of the world freely chosen in 1955, Arendt’s thinking was constantly expanding in close dialogue with Christianity.
Dimensions : 135 × 215 mm
ISBN : 9782204090049
Poids : 560 g
Véronique Albanel, Alain Thomasset, Gwennola Rimbaut, Christophe Pichon, Frédéric-Marie Le Méhauté, Paul Roussy, Agnès Desmazières
Au moment où en Amérique latine les théologiens de la libération élaborent le leitmotiv de l'"option pour les pauvres". (Repris ensuite par le Magistère romain), en France, le Père Joseph…
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