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Que nous est-il permis d’espérer ?

Que nous est-il permis d’espérer ?

Collection :
octobre 2009

336 pages

36,00 

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Un temps de crise grave peut devenir un moment de grande espérance. Nous savons aujourd’hui que la civilisation du logos sous laquelle l’Occident vit depuis près de deux mille ans, dans une dialectique constante entre philosophie et christianisme, arrive à un point à la fois d’accomplissement et d’épuisement. Elle avait d’abord donné sa confiance à des explications englobantes. Celles-ci ont trouvé, dans l’Antiquité, leur forme quasi idéale : le logos avait pris alors un tour mystique et débouchait vers un Au-delà de tout, qui n’a laissé indifférent ni l’islam ni le christianisme. Dans la modernité, il s’était organisé de manière parfaitement immanente (Spinoza) ou soigneusement historique (Hegel, Marx). À présent, il continue son chemin, mais devant l’épuisement des idées et des constructions qui lui donnaient corps et sens, il ne conserve que son armature essentiellement mathématique, dépouillée de toute réalité, sinon celle du nombre — ce que, dans notre langage actuel, nous appelons le « virtuel ». Nous pouvons recueillir aujourd’hui l’efficacité de ces pensées et pratiques pénétrées de la dynamique du Tout et du Rien. Mais, au point où nous en sommes actuellement, il y a une vraie menace que le Tout bascule vraiment dans le Rien et que nous allions à la catastrophe éthique, humaine, cosmique. Il a manqué sans doute à cette civilisation le respect du Quelque chose : ni tout, ni rien, mais substance, action, relation. Ici Aristote, dans l’Antiquité, et Thomas d’Aquin, au seuil de la modernité, peuvent venir à notre secours et nous aider à retrouver notre épaisseur d’homme, à ne pas fuir le jeu étrange en nous de la matière pénétrée de ce que nous appelons esprit, qui à la fois lui est immanent et la dépasse, à restituer par là un humanisme et une approche non aliénante du divin. Il y a sans doute là un motif d’espérance. Mais ce grand motif d’espérance réside surtout dans le tournant anthropologique contemporain : nous comprenons aujourd’hui que l’homme n’existe pas en réalité sans son frère qui lui parle. À la lumière de cette conversation essentielle, on doit pouvoir définir un humanisme et une politique ; une perspective s’ouvre aussi pour réinterpréter la religion et particulièrement le christianisme. À l’horizon apparaissent le symbole, la relation, la mort et la résurrection, l’amour.

A deep crisis can also be a time of hope. Today we know that the civilisation of logos, present in the West for almost two thousand years in constant dialectic between philosophy and Christianity, is arriving at a point of accomplishment and exhaustion. At the outset, it put its trust in global explanations. In Antiquity, they found their ideal form: the logos took a turn toward the mystic, a Beyond everything that left neither Christianity nor Islam indifferent. In modernity, it was organised in a perfectly immanent (Spinoza) or carefully historical (Hegel, Marx) manner. Today it moves on, but given the exhaustion of ideas and constructions that gave it body and meaning, all that remains is its essentially mathematical armature, stripped of all reality, except that of the number – which, in today’s language, we call ‘virtual’. Today we can assemble the efficacy of those thoughts and practices penetrated with the dynamic of All or Nothingness. But from where we are standing now, there is a real threat that the All will tumble into the Nothingness and we will head for an ethical, human and cosmic catastrophe. This civilisation probably lacked respect for Something: not all, not nothing, but substance, action, relation. Here Aristotle in Antiquity, and Thomas Aquinas at the threshold of modernity, can come to our assistance and help us not to flee the strange phenomenon of matter penetrated by what we call spirit, which is both immanent to and beyond it, but to find our substance as men and restore a humanism and a non-alienating approach to the divine. Here undoubtedly lies a pattern of hope. But today, this great pattern resides above all in an anthropological tendency: today we understand that man doesn’t exist without his brother, who speaks to him. In the light of this essential conversation, we must succeed in defining a humanism and a policy; a prospect opens to reinterpret religion and Christianity in particular. On the horizon, the symbol appears; the relation, death and resurrection, love.

Dimensions : 135 × 215 mm

ISBN : 9782204089890

Poids : 440 g

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