La maison

Maison des cultes, des cultures et des civilisations, premier éditeur religieux de France et de l’espace francophone,

LE CERF, fidèle à sa fondation dominicaine, est également un acteur de la vie intellectuelle et philosophique dont les publications s’inscrivent au cœur des questionnements et des débats les plus contemporains.

En près d’un siècle d’activité, ce sont ainsi 8 000 titres qui figurent à son catalogue, récapitulant une part essentielle des trois mille ans de l’humanité historique et proposant une lecture renouvelée des faits et des enjeux du temps présent.

 

LE CERF naît en 1929 de la demande formulée par Pie XI auprès des frères prêcheurs, et plus particulièrement de la Province de France, de les voir exercer leur mission d’apostolat par le livre. Le pape de l’antitotalitarisme, qui condamnera coup sur coup le nazisme et le communisme, est soucieux de soustraire les catholiques à la double tentation politique et extrémiste que représentent l’Action française de Charles Maurras et le Sillon de Marc Sangnier.

 

La nouvelle maison intègre les revues d’idées qui ont été fondées dans les suites de la Grande Guerre par le père Marie-Vincent Bernadot (o.p.), La Vie spirituelle qui paraît depuis 1919, La Vie intellectuelle qu’anime le philosophe Jacques Maritain. Elle répond au climat troublé de l’année 1934 par la création du magazine Sept qui rejoint les positions de Georges Bernanos sur la guerre d’Espagne et qui donnera lieu à Temps présent, sous la direction de François Mauriac.

Sous l’Occupation, LE CERF entre en résistance et déménage à Lyon où commence, en 1942, sous l’égide des futurs cardinaux Jean Daniélou et Henri de Lubac,  la grande aventure des « Sources chrétiennes ». La Libération amplifie ce mouvement de renouveau avec la publication, dès 1945, des premiers fascicules de la Bible de Jérusalem, dans la traduction à la fois la plus savante et la plus littéraire en langue française qui est l’œuvre des frères dominicains de l’École biblique et archéologique éponyme.

 

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la maison étend son activité au service de ce printemps biblique et patristique à l’ensemble des domaines de la théologie, ouvrant des collections de référence sur les recherches pastorales (« Foi vivante »), missionnaires (« Rencontre »), esthétiques (« Art sacré »), exégétiques (« Lectio divina »), liturgiques (« Lex orandi »), systématiques (« Cogitatio fidei ») et ecclésiologiques avec « Unam sanctam » que dirige le dominicain et futur cardinal Yves Congar.

C’est ainsi que se constitue au  CERF une grande partie de la bibliothèque qui inspirera les travaux du concile Vatican II. Forte de ce rayonnement international, la maison n’en reste pas moins résolument inscrite dans la vie intellectuelle et sociale française. C’est d’un même mouvement que le père Marie-Dominique Chenu (o.p.) défend les prêtres-ouvriers, que le père Ambroise-Marie Carré (o.p.) entre à l’Académie française et que le père Raymond Léopold Bruckberger (o.p.) s’impose comme une figure de Saint-Germain-des-Prés. Entre-temps LE CERF, assumant sa mission dans le monde de la communication, a participé à la création du Jour du Seigneur – la plus ancienne émission de télévision de l’hexagone –,

du groupe Malesherbes d’où sortiront les hebdomadaires La Vie  et Télérama,

ainsi que du quotidien Le Monde, au profit d’une longue amitié avec son fondateur, Hubert Beuve-Méry.

 

Le concile Vatican II a confirmé les grandes lignes éditoriales qui, dès lors, vont prendre leur essor. Tout en perpétuant son identité catholique, LE CERF devient la maison du dialogue œcuménique et inter-religieux : il donne à lire les textes éminents, fondateurs ou d’actualité, des patrimoines orthodoxe, protestant mais aussi juif, musulman ou encore hindouiste et bouddhiste. Un autre dialogue se révèle aussi décisif, celui avec l’univers savant, le monde universitaire et les sciences humaines. Outre la production d’instruments rares d’érudition,

la maison s’impose comme un éditeur reconnu de philosophie et d’histoire.

 

Aujourd’hui, à l’horizon de la mondialisation, et grâce au soutien constant de l’Ordre dominicain, LE CERF se sait plus que jamais le devoir de contribuer au témoignage de l’expérience chrétienne et à l’épanouissement de l’intelligence française en demeurant un lieu indépendant d’accueil aux œuvres de l’esprit.